Exposition Exhaure – Hors-Service
Informations pratiques :
Exposition accessible gratuitement aux mêmes horaires d’ouverture que le musée.
Exposition, 03. Juil 2026 – 30. Août 2026
Durant tout l’été, le Parc Explor Wendel présente une nouvelle exposition itinérante accessible gratuitement, Exhaure : Hors-service sur les paysages des mines ennoyées. Il est question des relations invisibles entretenues avec les mines, les habitant.es et les vestiges du sous-sol industriel, qui continuent à agir, silencieusement, sous nos pieds.
Ce premier volet restitue la résidence artistique effectuée l’été dernier au musée les Mineurs du Carreau Wendel, dans le cadre du programme JeunESTivants soutenu par la DRAC Grand-Est. Cette installation in situ raconte, depuis la subjectivité des artistes, le passé minier et l’évolution de son biotope, où l’eau conserve la mémoire des lieux.
L’exposition est visible sur le carreau de mine aux mêmes horaires d’ouverture que le musée.

L’exposition Exhaure : Hors-Service
Dans cette région, l’extraction du charbon a reposé pendant plusieurs siècles sur un procédé de pompage appelé exhaure¹ — l’eau, élément liminal traversant les couches géologiques jusqu’aux vies qui s’y déploient, est au centre de l’exposition. Depuis l’arrêt de ce pompage, elle remonte, s’infiltre, redessine le paysage et menace en sourdine les habitations et leurs occupant.es. Accumulée, elle a donné naissance à des lacs artificiels, toxiques pour nos organismes, mais au sein desquels faune et flore s’acclimatent sereinement. Dans cet écosystème en transition, l’eau charrie des souvenirs souterrains, décrivant d’autres versants d’un même récit.
C’est depuis ce territoire que les artistes ont collecté des bribes de déchets, photographié des rencontres fortuites entre faune, flore et installations artificielles, avant qu’une phase d’écriture, d’expérimentations et de créations sculpturales ne vienne cristalliser ces enquêtes dans l’installation présente. En son centre, des colonnes d’eau accueillent des ludions2 flottant au-dessus d’un morceau du terril voisin. Chaque bulle de verre, chargée de symboles, d’éléments miniatures, de fragments d’histoire ou d’objets trouvés, devient un dispositif narratif en mouvement — ces figures en suspension se percutent et reconfigurent un récit qui exprime sa propre complexité.
L’installation Exhaure : Hors-Service est prévue pour parcourir différents sites liés à l’industrie minière. Au fil des résidences, et en suivant la cartographie transfrontalière du bassin houiller européen, dit « la banane bleue », chaque étape viendra enrichir la narration et les occurrences sculpturales.
- Épuisement des eaux d’infiltration d’un terrain, d’une mine, d’une carrière. Centre national de ressources textuelles et lexicales, s.d., https://www.cnrtl.fr/definition/exhaure, Exhaure, subst. fem.
- Le ludion est un dispositif en flottaison, sensible aux variations de pression, inspiré de l’objet scientifique et populaire de la « bouteille de la Passion ».

François Briand
François Briand (1992, Fr) vit et travaille à Strasbourg. Il a successivement suivi une formation en design de produit à Brest (Fr), puis une formation de compagnon verrier européen comme Souffleur de verre au Cerfav (Fr) et a été diplômé des Beaux-arts de Nantes.
Il développe une pratique mêlant, sculpture, installation et verre soufflé. Depuis la richesse symbolique, physique et scientifique du verre et de ses applications, il élabore des récits à la limite de la réalité et d’un imaginaire sensible et poétique. Depuis 2024, il collabore avec l’artiste et historienne de l’art spécialiste du bijou : Zoé Kiner-Wolff.
Par la réinterprétation de la littérature scientifique ou romanesque, il déploie des métaphores qui résonnent avec son époque en associant savoir-faire traditionnel, bricolage et technologies numériques. Ses objets lumineux et mobiles, réalisés à partir de matériaux hétéroclites sont à la fois drôles et bizarres. À travers son travail, il interroge comment le verre, d’apparence inerte, est au centre de nos communications, de nos outils d’observations et de nos machines, structurant nos corps et nos affects.
Zoé Kiner-Wolff
Zoé Kiner-Wolff est une artiste, formée en Art-Objet dans l’atelier bijou de la HEAR (Strasbourg), et résidente au Bastion XIV (atelier de la ville de Strasbourg). Sa démarche tourne autour du corps et de l’apparence, explorant le potentiel chimérique de la parure à travers une pratique du bijou, de la sculpture et du costume. Ses masques, bijoux et objets corporels sont des tentatives de métamorphoses éphémères, que l’artiste incarne lors de performances et dans des mises en scène photographiques liées à sa pratique du modèle vivant.
Zoé travaille avec de nombreuxe photographes et en commun avec d’autres artistes, tels que François Briand, Manon Pourcher et Mécistée Rhéa. Elle réalise également les costumes pour la compagnie de théâtre ‘Conférence pour les Arbres‘.
En parallèle, Zoé mène, depuis 2023, une thèse de doctorat en histoire de l’art à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Pascal Rousseau, sur “les pratiques performatives du bijou, de 1967 à nos jours”. Ses recherches portent sur des artistes du bijou qui mènent une démarche réflexive sur leur médium et son rapport au corps, opérant un glissement de l’expérience du bijou porté vers des cadres spectaculaires, tels que l’exposition et la performance, le défilé de mode et la scène, ou encore l’espace virtuel de l’image et du digital.